Dans le paysage du rap francophone belge, peu d'artistes incarnent aussi fidèlement l'esprit de l'indépendance que Melfiano. Originaire de Soignies, petite ville du Hainaut à une quarantaine de kilomètres de Bruxelles, cet artiste a construit une carrière solide loin des projecteurs des grandes maisons de disques, en restant fidèle à ses valeurs et à son public.
Les débuts à Soignies
Melfiano grandit dans un environnement marqué par la culture hip-hop des années 1990 et 2000. La musique de NTM, IAM, Wu-Tang Clan ou encore Nas forge son oreille et son sens du texte. Très tôt, il comprend que le rap est un vecteur d'expression authentique, capable de raconter des histoires vraies avec une précision que peu d'autres genres musicaux permettent.
Ses premières armes, il les fait dans le milieu underground belge, participant à des open mics, des battle sessions et des enregistrements artisanaux qui forgent son style : un boom bap taillé pour la scène, des textes denses et imagés, une voix reconnaissable entre mille.
Une discographie construite dans la durée
Avec plus de 14 projets à son actif depuis 2011 — du Guerrier du Mic au Black Album — Melfiano a développé une discographie cohérente et exigeante. Chaque album raconte une étape de sa vie, une période de sa réflexion. Des titres comme Café Noir, Vamos ou Les Choses Simples témoignent d'une évolution artistique constante, sans jamais sacrifier l'authenticité au profit d'une tendance.
Sa collaboration avec le producteur El Gaouli a été déterminante dans la construction de son identité sonore : des instrus boom bap chaleureuses, des samples bien choisis, une production qui met en valeur le flow et les textes.
Des collaborations de référence
Au fil des années, Melfiano a tissé des liens forts avec des artistes incontournables du rap francophone. On retrouve à ses côtés Youssef Swatt's, James Deano, Dany Dan, Demi Portion, JeanJass — des noms qui témoignent de sa crédibilité dans le milieu. Il a également partagé la scène avec des légendes comme La Rumeur, Ärsenik, Faf Larage, Le 3ème Œil et Busta Flex.
« La musique de Melfiano, c'est du rap qui a du fond. Des textes qui demandent à être écoutés vraiment. »
Le tournant [PIAS]
En 2024, la sortie du Black Album marque un tournant majeur dans la carrière de Melfiano. Distribué par [PIAS] — l'un des distributeurs indépendants les plus respectés en Europe — le projet franchit un cap en termes de visibilité et de reconnaissance. En quelques mois, il dépasse les 215 000 streams sur Spotify et reçoit des articles dans la presse belge : RTBF, Le Vif Focus, Sudinfo, DH Net.
Sa musique est diffusée sur Fun Radio et NRJ, confirmant que le rap indé belge peut atteindre un public large sans compromis artistique.
La scène comme terrain naturel
Si Melfiano est reconnu pour ses projets discographiques, c'est sur scène qu'il révèle pleinement son talent. Avec 20 à 30 prestations par an en Belgique, France et Suisse, il se produit dans des centres culturels, des festivals, des communes et des événements publics. Sa performance live — avec basse et percussions — offre une ambiance musicale rythmée et immersive adaptée à tous types d'événements.
Des salles emblématiques comme l'Eden à Charleroi, le Delta à Namur, la Ferme du Biéreau à Louvain-la-Neuve, le Botanique à Bruxelles ou encore le New Morning à Paris ont accueilli ses concerts. Il a également été programmé au Demi Festival et dans de nombreux événements culturels à travers la Belgique francophone.
Soignies, une identité revendiquée
Malgré une carrière qui l'emmène loin, Melfiano n'a jamais renié ses racines sonégiennes. Sa ville natale reste une référence constante dans ses textes et son identité artistique. C'est cette authenticité — ce refus de se construire une image artificielle — qui lui vaut la fidélité d'un public de plus en plus large.
En 2026, Melfiano prépare un nouvel album prévu pour l'automne, avec une tournée qui s'annonce ambitieuse. Un artiste à suivre de près, et à programmer sans hésiter.